This article is not available in english.

L'éterner dilemme des joueurs francophones!

L'éternel dilemme des joueurs francophones!

Les deux articles précédents démontrent sans l'ombre d'un doute l'attachement et la forte identification que les Québécois manifestent à l'endroit des Canadiens de Montréal et ce, malgré que l'équipe ne comprenne que six joueurs francophones dont aucun de premier plan.

L'enquête de l'IRB, sans surprise, nous apprend que les deux tiers des répondants (66%) croient que l'identification des Québécois au club serait encore plus forte s'il y avait davantage de joueurs francophones alors que 25% ne croient pas que cela changerait quoi que ce soit à la situation.

Les Québécois aimeraient à la fois encourager une équipe gagnante, mais aussi une équipe qui leur ressemble, mais cela est-il possible ou même souhaitable? Dans un contexte de mondialisation des talents, les Québécois souhaitent-ils encourager les meilleurs joueurs, peu importe leur provenance ou d'abord des joueurs francophones?

Ce fort besoin d'identification des Québécois aux Canadiens de Montréal constitue assurément une arme à deux tranchants et les joueurs francophones de haut niveau ne sont pas sans connaître dans quelle galère il s'embarque en jouant à Montréal. Ils ne veulent pas nécessairement assumer des responsabilités qui les dépassent et qui les confrontent à un rôle qu'ils ne souhaitent assumer et a une pression additionnelle qu'ils ne veulent pas supporter.

Nous n'avons qu'à penser au cas Daniel Brière pour mieux s'en convaincre. Les Lecavalier et cie y penseraient à deux fois avant d'accepter de déménager à Montréal. Et à voir l'immense popularité d'un Alex Kovalev, un russe, on réalise qu'un excellent joueur qui démontre une certaine empathie pour la société dans laquelle il évolue peut devenir un leader, quelle que soit sa nationalité et la langue qu'il parle.

Davantage qu'un plus grand nombre de joueurs francophones, des joueurs étrangers bien établis au sein de l'équipe qui feraient l'effort d'apprendre le français auraient autant d'impact sur l'identification des Québécois au club. Un Saku Koivu parlant un français acceptable compenserait en bonne partie ce vide.